Alepé / 3 400 tonnes de cacao bloquées : Le cri de détresse des producteurs face aux stocks dormants
Dans une atmosphère empreinte d’urgence et d’inquiétude, le samedi 21 mars 2026, les responsables des coopératives de cacao du département d’Alepé ont lancé un plaidoyer vibrant à l’endroit du Conseil café-cacao et au président de la République. Avec plus de 3 400 tonnes de fèves bloquées dans les entrepôts, les producteurs craignent une catastrophe économique sans précédent.
Le constat est sans appel dans les 52 villages du département d'Alepé. Alors que la saison bat son plein, les hangars débordent. « Comme vous pouvez le constater, nous avons encore énormément de chargements dans nos locaux », déplore Fané Yacouba, porte-parole de circonstance, entouré de ses collègues présidents de Conseil d'Administration et de nombreux planteurs.
Le problème est avant tout financier et contractuel. 3 400 tonnes. C’est le volume de cacao actuellement stocké dans le département d’Alepé qui attend d’être évacué. Malgré quelques mouvements observés en janvier, le processus semble s’être figé pour une quarantaine de coopératives.
Le problème est d'autant plus épineux que ce stock a été constitué sur la base de l'ancien prix de 2 800 FCFA le kilogramme.
« Les planteurs détiennent des reçus à 2 800 FCFA. Il faut que ces stocks soient évacués pour que nous puissions les payer à ce prix », explique Fané Yacouba. Certains dirigeants de coopératives sont allés jusqu’à contracter des prêts bancaires pour préfinancer ces achats. Une baisse de prix sur ces volumes bloqués signifierait une banqueroute immédiate pour ces structures.
Au-delà de la simple transaction commerciale, c’est tout l’équilibre social de la région qui vacille. Les 49 coopératives du département ne se contentent pas d'acheter du cacao ; elles sont le moteur du développement local.
« Grâce au Conseil Café-Cacao, nous sommes structurés et menons des actions communautaires, construction de forages, d'écoles, de maternités... Nous sommes des acteurs clés du département », rappelle le porte-parole. Aujourd'hui, ces leaders se disent acculés par des planteurs en détresse qui affluent chaque matin pour réclamer leur dû, sans que les coopératives n'aient la trésorerie nécessaire pour répondre, faute de déstockage.
Tout en réitérant leur gratitude envers le Président du Conseil d'Administration et le directeur général du Conseil café-cacao pour le travail abattu ces neuf dernières années, les coopératives d'Alepé demandent une intervention rapide du chef de l’Etat.
« Nous demandons la clémence du président Alassane Ouattara pour que quelque chose soit fait pour enlever le reste du volume afin de libérer nos planteurs », plaide Fané Yacouba. L’espoir repose désormais sur une décision rapide de la tutelle pour éviter que cette crise logistique ne se transforme en un drame social pour les milliers de familles qui dépendent de l’or brun dans le département d’Alepé.
K.L.





