Côte d'Ivoire / Affaire ‘’projet Agroforesterie de Bolo-ouest’’ : La position du collectif des chefs de la région du Gbôklè
Des chefs traditionnels autochtones de la région du Gbôklè ont désavoué le vendredi 23 janvier 2026 à Safa-Manois dans le département de Sassandra, certains de leurs pairs ayant récemment exprimé un soutien public au boycott du projet d’agroforesterie de Bolo-ouest. Un projet structurant à base de palmier à huile dans l’Agro-forêt de Bolo-ouest située dans la région du Gbôklè.
La rencontre a réuni environ toutes les couches sociales issues de Sago et Dakpadou, où sont exécutés les deux projets, à l’initiative du collectif des chefs traditionnels de la région du Gbôklè. Une déclaration officielle, lue par leur porte-parole à l’issue de la rencontre avec la presse, appelle l’ensemble des riverains des zones impactées à « s’abstenir de toute agitation » et à « préserver la paix sociale en cette nouvelle année ».
« Il est important que la chefferie reste dans son rôle traditionnel, celui de garant de la paix et de la cohésion, et qu’elle ne prenne pas position dans des débats juridiques et politiques aussi sensibles », a déclaré d’emblée sa Majesté Toukrou Papa, chef du village de Zégréboué. Les chefs présents ont dénoncé une tentative de récupération politique et se sont insurgés contre le comportement d’un acteur du projet PRÉ, qui, en dehors du cadre des termes de référence de la mission, aurait mené des démarches auprès d’infiltrés de la forêt en les incitant à s’opposer par tous les moyens au projet, en se prévalant abusivement d’un prétendu soutien de la Banque mondiale.
« Nous tenons à rappeler que les communautés de la localité vivent dans un climat de parfaite harmonie, de coexistence pacifique et de respect mutuel. De tels agissements sont de nature à porter atteinte â la cohésion sociale établie entre les populations autochtones, allochtones et allogènes, et à susciter des tensions injustifiées au sein de la zone du projet. Nous appelons nos parents à la retenue, à l’unité et à la vigilance. L’heure n’est pas à la division mais au dialogue », a insisté sa Majesté Toukrou Papa, par ailleurs membre de la Chambre des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire.
Les chefs ont également salué les impacts socio-économiques du projet déjà perceptibles. Plus de 300 emplois ont été créés au profit des jeunes et des femmes des localités concernées, contribuant significativement à l’amélioration des conditions de vie des populations. Aussi, 50 hectares de reboisement ont été créés, améliorant ainsi la couverture forestière de ladite Agro-forêt. A cela s’ajoutent des perspectives concrètes de développement communautaire, notamment la réhabilitation d’infrastructures socio-éducative et sanitaires, le reprofilage des routes, la formation des femmes et des jeunes ainsi que le financement d’́activités génératrices de revenus (AGR).
Les chefs ont affirmé qu’ils accompagneraient ce projet pour en garantir son succès dans la région du Gbôklè. Enfin, les chefs ont exprimé le souhait d’une rencontre prochaine avec les autorités compétentes du pays.
« Une telle audience renforcerait le lien entre l’exécutif et la chefferie traditionnelle », a suggéré Sa Majesté Toukrou Papa.
Depuis le lancement du projet en 2023, un processus de sensibilisation, d’information et de concertation inclusive a été initiée par la société KAMIS-CI avec l’ensemble des parties prenantes et se poursuit. Les communautés riveraines et les autres acteurs concernés ont clairement exprimé leur adhésion et leur avis favorable à la réalisation de ce projet, perçu comme un levier majeur de transformation de leur cadre de vie. Cette adhésion s’est matérialisée par la validation consensuelle par toutes les parties prenantes, en décembre 2024, du plan d’aménagement de l’Agro-forêt de Bolo-ouest, prévoyant un investissement de plus treize milliards FCFA sur 10 ans.
Une mission conjointe officielle regroupant le ministère des Eaux et Forêts, la Sodefor, l’UCP-PIF2 et le projet PRÉ s'est déroulée dans les localités concernées du 16 au 19 janvier 2026. Les constats issus de cette mission sont clairs : les allégations de déguerpissement de milliers de famille dans les Agro-forêts de Dakpadou et de Bolo-ouest ne sont pas avérées. Espérant une reprise effective des activités de la société KAMIS-CI.SA, qui fait déjà tâche d’huile dans l’Agro-Forêt de Bolo-ouest.
B.V.
Correspondant régional





