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Le traitement réservé aux élus locaux notamment les présidents de Conseils régionaux, les Vice-présidents, les conseillers régionaux, les maires, les adjoints au maire et les conseillers municipaux ainsi qu’au personnel des Conseils régionaux et des mairies varie largement selon les budgets annuels des collectivités territoriales.

Ces budgets proviennent en grande partie des taxes locales prélevées auprès des populations et redistribuées sous forme de subventions par l’Etat.

Cette dépendance financière entraîne des écarts importants dans les indemnités perçues par les élus d’une localité à une autre.

Cette situation crée une véritable disparité dans la rémunération des élus locaux, soulevant ainsi une question d’équité entre les différents acteurs du développement territorial.

Dans certaines collectivités à faibles ressources, les indemnités restent très modestes.

A titre d’exemple, un conseiller municipal perçoit environ 10 000 francs CFA comme jetons de présence, un conseiller régional environ 35 000 francs CFA, dans plusieurs communes à faible budget, les adjoints au maire dépassent les rarement 80 000 francs CFA d’indemnités mensuelles.

Ces montants restent largement insuffisants pour couvrir les dépenses liées à l’exercice de leurs fonctions.

Au-delà des dépenses professionnelles comme le carburant ou les déplacements, les élus locaux sont fortement sollicités par les populations.

Ils sont régulièrement appelés à contribuer à diverses charges sociales, ordonnances médicales, factures d’électricité, aides financières ou soutiens ponctuels dans un contexte marqué par la paupérisation croissante des populations.

Face à ces réalités, plusieurs élus éprouvent des difficultés à répondre aux attentes de leurs administrés.

Pourtant, les élus locaux occupent une place stratégique dans la gouvernance territoriale. Lorsqu’un président de la République est élu, la mise en œuvre de son projet de société repose en grande partie sur leur implication.

Ils constituent le relais essentiel entre l’Etat central et les populations, assurant la transmission et l’application des politiques publiques au niveau local.

Sans leur engagement actif, l’impact réel des programmes gouvernementaux auprès des populations reste limité.

Dans ce contexte, une réflexion approfondie devrait être engagée par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité afin d’harmoniser et de revaloriser les traitements, indemnités et avantages accordés aux élus des collectivités territoriales.

Une telle réforme permettrait de réduire les inégalités entre collectivités et de renforcer l’efficacité de la décentralisation.

Comme le dit un proverbe africain, « mieux vaut faire envie que pitié ».

En effet, certains élus locaux vivent péniblement l’exercice de leurs responsabilités, ce qui peut parfois conduire à un désengagement voire à des dérives dans la gestion de leurs fonctions.

Certaines collectivités financièrement mieux dotées offrent des conditions plus favorables à leurs élus, accentuant davantage les écarts entre territoires.

Dans un autre registre, le président Alassane Ouattara a récemment fait adopter une loi visant à revaloriser la pension des retraités, en reconnaissance de leur contribution au développement national et pour les aider à faire face à la cherté de la vie.

Dans la même logique, une réflexion pourrait être menée afin d’améliorer les conditions des élus locaux, au regard de leur rôle déterminant dans la mise en œuvre des politiques publiques et le développement des territoires.

Adou Evariste

Journaliste, analyste politique