Côte d’Ivoire / Fuite des produits de l'anacarde : La mise en garde du Conseil coton, anacarde, karité contre les exportateurs véreux
La fuite des produits agricoles en général et celle de l’anacarde en particulier plombe la commercialisation du dernier cité. Pour la campagne anacarde 2026, les autorités veulent prendre le taureau par les cornes. En effet, dans un communiqué dont nous avons reçu copie, « la direction générale du Conseil coton anacarde karité (Ccak) rappelle aux opérateurs intervenant dans la commercialisation de l'anacarde que l'exportation des noix de cajou par voie terrestre vers les pays limitrophes est formellement interdite, conformément au décret n°2013-810 du 26 novembre 2013 fixant les modalités de la commercialisation extérieure des produits de l'anacarde ». D’un ton plus ferme, le Ccak indique prévient que « tout opérateur contrevenant à cette disposition s'expose à des sanctions pouvant aller jusqu'au retrait de son agrément, sans préjudice de poursuites pénales, en application de l'ordonnance n° 2024-886 du 16 octobre 2024 portant répression de la commercialisation et de l'exportation illicite des produits agricoles soumises à agrément ».
La fuite de l'anacarde ivoirien vers les pays limitrophes, notamment le Ghana, est un problème majeur persistant, malgré la répression. Des opérations comme "Verrou 322" ont permis de saisir des centaines de tonnes, soulignant un trafic structuré qui pénalise l'économie nationale et la transformation locale. Le non-respect des prix bord champ (fixé à 425 f CFA/kg en 2025) et les différences de prix favorisent cette contrebande. Des centaines de tonnes d'anacarde ont été saisies lors d'opérations de lutte contre la contrebande. Le Ghana voisin est le principal pays vers lequel les produits sont détournés, gonflant artificiellement sa production.
Les causes souvent avancées sont liées aux écarts de prix entre la Côte d'Ivoire et les pays voisins, souvent dus à une meilleure rémunération à l'extérieur, encouragent les producteurs et acheteurs véreux à opter pour la contrebande, d'autant plus que le prix bord champ n'est pas toujours respecté. Ce trafic prive l'Etat de recettes, fragilise la filière et limite l'approvisionnement des unités de transformation locales.
Pour y remédier, des comités de veille sont mis en place, le renforcement des contrôles par les forces de défense et de sécurité, et des campagnes de sensibilisation sont menées pour faire respecter les prix officiels.
A.K.





