Côte d’Ivoire : La CADESA COOP-CA veut un seul mot du Président Ouattara pour sauver les producteurs de cacao de Sassandra
Ils sont plus de 500 producteurs venus de toutes les contrées du département de Sassandra et même au-delà qui ont répondu présents, le jeudi 12 mars 2026, dans la bourgade d’Adebem, siège de la CADESA, société Coopérative Agricole pour le développement de Sassandra pour la plénière de leur organisation. Parmi les points à l’ordre du jour, un plaidoyer au gouvernement pour l’enlèvement de leur stock de 1000 tonnes de cacao invendu de la campagne 2025-2026 dont le prix a été fixé à 2800 FCFA le Président de République, Alassane Ouattara. Ci-dessous, la déclaration lue par Armand Nemlin, producteur et administrateur au sein de la modeste société coopérative créée en 2003, regroupant 4000 producteurs actifs dont 500 engagés dans la production et la collecte des fèves de cacao issus de ses fermes.
Notre société coopérative CADESA COOP-CA est détentrice de stocks de cacao issus de 1000 tonnes de la campagne principale 2025-2026. Les stocks ont été au prix de 2800 XOF à l’ouverture de la saison du mois d’octobre 2025 pour une durée de six mois de la campagne principale. Prix d’alors fixé par le Président de la République de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara. Nous tenons déjà à lui dire infiniment merci pour cet effort qui a été bénéfique pour les producteurs ivoiriens avant la chute des coûts mondiaux. Nous tenons à remercier tous les acteurs qui ont bien voulu suivre la décision du Président de la République Alassane Ouattara en rachetant les stocks des producteurs en fonction de leurs besoins contractuels. Nous disons merci aux différents acteurs qui ont fait des efforts jusqu’à ce jour pour soutenir tous les producteurs ivoiriens, en l'occurrence ceux de CADESA-COOP-CA, au cours de cette saison difficile pour nos producteurs.
Juste après la chute des coûts mondiaux, l'État ivoirien étant saisi du dossier, va annoncer l’enlèvement des stocks en décaissant la somme de 280 milliards de francs CFA. Cette action salutaire était de garantir le prix fixé par le Président de la République. Ce que nous saluons, et pour lequel nous disons merci au Président Ouattara.
Toutefois, l’opération se poursuivant de janvier à aujourd’hui, nous avons déchargé qu’un seul camion. Nous disposons à ce jour de 1000 tonnes de cacao sur lequel nous avons déjà financé 500 tonnes grâce aux lignes de crédit dont nous bénéficions.
Le reste du stock producteur déjà brassé constitue un gros risque en termes de suivi de gestion en ce qui concerne leurs paiements.
Monsieur le Président de la République, nous vous prions de bien vouloir utiliser le pouvoir que vous confère notre État pour dire un seul mot en faveur des producteurs ivoiriens sans exception.
En l'occurrence ceux de CADESA COOP-CA, afin que ce stock soit enlevé et nous permette de maintenir nos acquis et de continuer à œuvrer pour le développement de notre beau pays. Face au nouveau prix qui a été annoncé par notre nouveau ministre de l'Agriculture, M. Bruno Nabagné Koné, conformément au marché de Londres actuel, nous sommes dans l’incapacité de continuer nos activités et risquons une fermeture ; si Monsieur le Président de la République, premier producteur du cacao ivoirien, SEM. Alassane Ouattara, ne nous vient pas en aide. Alors nous périrons face à ce qui va se passer.
IMPACTS ATTENDUS
- Après plus de deux mois, attendus par les producteurs, tous sont découragés et ne semblent plus être motivés pour le traitement de leurs fermes de cacao.
- La plupart de leurs enfants attendent la vente de ce cacao pour faire face aux charges scolaires et aux soins de santé.
- Une crise de confiance est sur le point de naitre, vu que certains se disent que c’est la coopérative qui est à la base et que les 280 milliards ont été encaissés et nous refusons de les payer.
- Au regard du prix de 2800 FCFA, vendre ce stock à 1200 FCFA pour nous, le GAP est trop élevé et représente une perte sèche de 1600 FCFA. Multiplié par les 1000 tonnes, soit un montant de 1 milliard 600 millions (1 600 000 000 de FCFA) sans la marge de collecte.
- Ça fait deux mois et demi que nous n’avons pas vendu un kilogramme de cacao, cette situation risque d’amener l’arrêt de plusieurs quelqu’un afin de gérer au mieux la crise.
- Et sur l’opération en cours on nous a enlevé un seul camion et le reste en promesse, de grâce Monsieur le Président, aidez-nous.
- Il y a beaucoup de risques et nous plaidons pour une prise en charge de nos volumes disponibles.
- Cela va également stopper notre développement et nos impacts sur les communautés, sans oublier l’arrêt de nos différents projets, projet de construction des écoles pour 2024-2026.
- Plus le stock invendu restera longtemps, plus il produira des frais financiers, qui sont déjà élevés trois mois après, et même la qualité va se détériorer. En tant qu’exportateur, nous pouvons exporter sur l’intermédiaire via un de nos contrats actuels. Si le directeur régional du Conseil du Café-cacao est instruit, le Président instruit le Conseil du Café-cacao à cet effet, cela permettra de faire bénéficier directement les 2800 FCFA aux producteurs.
Plusieurs autres producteurs du pays au sein de certaines sociétés coopératives sont aussi concernés par les mêmes défis que nous vivons aujourd'hui. Ils ne comptent que sur vous pour continuer à exister et à créer de l’impact au sein des différentes communautés…
Monsieur le Président, le cri de cœur des producteurs de CADESA COOP-CA que nous sommes ainsi, tous les producteurs issus des coopératives sœurs détenant les stocks résiduels issus de la campagne 2025-2026. Car je vous sais très engagé pour l’agriculture et pour rien au monde vous allez nous abandonner tous face à cette crise, vous et votre épouse. En tant que COOPEX, nous souhaitons que les COOPEX soient aussi utilisés dans le dénouement de cette crise afin de leur permettre d’être compétitifs.
ARGUMENTS ET PREUVES FACTUELLES
Plus de 1000 producteurs n’ayant plus le courage, dont le sort est à la recherche d’une solution ; par voie implorent votre Indulgence pour un soutien financier et moral dans l’enlèvement de nos stocks invendus. Ils vous prient d’user de votre pouvoir de Chef d’État et des moyens que vous confère notre modeste état pour une solution en vue d’une aide. Aux différentes parties prenantes, prière de bien vouloir mettre les intérêts des producteurs au-dessus de nos divergences et de sauver le reste de nos acquis agricoles. Accompagnons efficacement l'État dans la gestion efficace de cette crise, en faisant des propositions constructives et bénéfiques pour les producteurs.
AU TITRE DES CONCLUSIONS
Aux Ivoiriennes et aux Ivoiriens, certes nous avons beaucoup à dire, mais de grâce nous vous prions d’être indulgents avec les producteurs en faisant des propositions pour le dénouement de cette crise.
L’ambulance est déjà en panne avec un malade à l'intérieur. Si nous tirons ou abandonnons l’ambulance, nous risquons de perdre quelque chose de capital et de cher. Le cacao a été foudroyé par la chute des coûts mondiaux et a besoin des soins intensifs.
Apprenons de cette crise et adaptons notre instrument de commercialisation en vue de rendre les choses durables.
PLAN D’ACTION ET PROPOSITION DE CALENDRIER D’ENLÈVEMENT
Monsieur le Président de la République, les producteurs de CADESA COOP-CA par ma voix vous remercient pour votre écoute et attendent de vous en prière un seul mot pour respirer et espérer le meilleur pour l’avenir de la filière cacaoyère.
Retranscription par B.V.
Correspondant





