Le président de l’Assemblée nationale a décidé de s’impliquer dans la crise qui secoue l’Université de Cocody depuis quelques jours. Guillaume Soro l’a annoncé, ce jour, à l’issue d’une rencontre avec l’artiste zouglou, Petit Dénis, à sa résidence.
Vous venez de recevoir l’artiste Petit Dénis à votre résidence. De quoi avez-vous parlé ?
Au concert de Yodé et Siro, Petit Dénis m\'a interpellé publiquement et a demandé à me voir. C\'est avec plaisir et bonheur que je le revois aujourd\'hui. Il m\'a soumis un certain nombre de problèmes auxquels j\'ai promis des réponses. La musique Zouglou ne peut pas me laisser indifférent. Cette musique partie des campus universitaires, a été inspirée par la lutte que les étudiants ont menée en Côte d\'Ivoire dans les années 90 et vous savez que et le multipartisme et la pluralité au niveau syndical et politique en Côte d\'Ivoire sont partis du combat des étudiants des années 90. Le zouglou a été un vecteur, un canal par lequel les étudiants ont essayé et tenté de véhiculer les messages relativement à leurs conditions de vie et de travail. Il y a eu plusieurs mouvements. Aujourd\'hui, le mouvement tient et je suis très content. J\'ai décidé de m\'y impliquer personnellement pour donner une nouvelle impulsion au zouglou. Pour ce faire, ce ne sera pas une initiative isolée. Je vais demander à tous nos anciens, nos promotionnaires de s\'impliquer dans le zouglou. Bientôt, nous allons tous les recevoir et puis, nous allons travailler. Le zouglou vivra.
A ce concert, vous avez donné l’accolade à Michel Gbagbo. Comment doit-on interpréter ce geste ? Est-il sincère ?
Si, Michel et moi avons été étudiants ensemble et on se connaît. C\'est vrai que nous avons des opinions différentes. On a choisi des bords politiques différents. Michel et moi, nous avons été de bons amis, de bons camarades. A l\'époque, on s\'appelait camarade sur le campus. Nous avons eu deux itinéraires différents. Je sais bien qu\'une plainte a été portée contre moi, mais elle n\'est que conjoncturelle, circonstancielle. J\'étais au concert, Michel était là-bas. Nous ne sommes pas des ennemis. Nous sommes des amis et des frères. Lors de l\'accolade, j\'ai eu le temps de le dire à mon frère Michel et c\'est sincère. D\'ailleurs, je le verrai dans quelques jours pour qu\'on parle. La justice fera son travail. Notre amitié, notre fraternité, notre qualité de citoyen ivoirien survivra.
Depuis quelques jours, une crise secoue l’Université. Comment réagissez-vous à cela ?
Depuis quelques jours, je vois sur mon téléphone, dans les mails, beaucoup d\'interpellations. Imaginez vous-mêmes que je ne peux être indifférent. Malgré le principe sacro-saint de la séparation du pouvoir qui veut que ce ne soit pas au président de l\'Assemblée nationale de s\'occuper au quotidien des questions de l\'université. Mais je pense aujourd\'hui que mon passé me rattrape en tant que ancien leader de mouvement d\'étudiants et je ne peux donc pas rester indifférent quand il y a des troubles à l\'Université ou quand il y a un début de crise à l\'Université. Pour ces raisons-là, j\'ai décidé de demander à rencontrer le président de la République et le gouvernement pour que ma connaissance des questions universitaires et mon passé de militant syndicaliste puisse servir à ramener la paix et la quiétude, sans bruits. Je m\'impliquerai sans bruits dans l\'intérêt de la Côte d\'Ivoire.
Propos recueillis par A.K.