Le samedi 26 septembre 2026, les prêtres, religieux, religieuses, consacrés, parents, amis et fidèles ont rendu à Liboli, dans le sud de la Côte d’Ivoire, un dernier hommage à Mélanie Wrolo Dago, affectueusement appelée « Mamitcho », décédée à l’âge de 87 ans. Mère du Père Paul Irokpa, curé de la paroisse Saint-Pierre et Saint-Paul de Divo, elle a été accompagnée à sa dernière demeure au cours d’une messe de requiem marquée par une forte mobilisation du clergé et de la communauté chrétienne.
La célébration eucharistique, présidée par le Père Paul Irokpa, a été vécue dans une profonde émotion et une grande communion fraternelle. Les chants liturgiques ont été assurés par les ensembles de la Maîtrise de Yopougon, de Yocoboué et de Lauzoa, ainsi que par l’Union des chorales de la paroisse Saint-Pierre et Saint-Paul de Divo.
En s'appuyant sur l’exhortation de saint Paul à Timothée : « Interviens à temps et à contretemps. Fais ton travail d’évangélisateur », le Père Émile Kélignon, prédicateur de la célébration, a invité l'assemblée à demeurer fidèles à la mission reçue de Dieu.
L’Évangile, à travers la parole du Christ : « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu », a nourri la méditation sur la vie chrétienne et le témoignage laissé par la défunte.
Dans son homélie prononcée en langue locale, pour être traduite en français, le Père Émile Kélignon a rendu un vibrant hommage à Mamitcho, invitant les fidèles à tirer les enseignements de son parcours de foi. Il a également formulé une prière particulière pour Liboli : « Que le mal s’éloigne désormais de Liboli ».
En s'adressant aux nombreux prêtres présents aux obsèques, il les a exhortés à vivre leur ministère dans la simplicité et la solidarité : « Être prêtre, le plus simplement et le mieux possible. Et soyons solidaires », a-t-il recommandé.
Reprenant les paroles de gratitude exprimées lors de la veillée funèbre par le Père Jules Fegbo, curé de Hiré, le prédicateur a souligné la reconnaissance des enfants envers leur mère. En invoquant la fidélité de Mamitcho à Dieu, il a rappelé la formule du cardinal Sarah : « Dieu ou rien », avant de résumer son témoignage par cette parole de Saint Paul : « J’ai mené le bon combat, j’ai gardé la foi ».
« Comme la Vierge Marie, Mélanie a gardé sa foi », a-t-il ajouté.
Le Père Kélignon a ensuite adressé un message particulier au Père Paul Irokpa, l’invitant à faire de la fidélité de sa mère à Dieu un héritage spirituel. « Dénonce le mal », lui a-t-il recommandé, tout en l’exhortant à ne pas céder au découragement dans son ministère sacerdotal.
L’homéliste a également appelé les fidèles à prier pour les vocations sacerdotales et religieuses : « Prions pour que Dieu envoie des ouvriers à sa moisson. Soyons de vrais foyers de vocations ».
Dans ce contexte, il a dénoncé une croyance selon laquelle la mort des parents serait liée à l’ordination sacerdotale de leurs enfants. « Ne disons jamais que lorsqu’un jeune devient prêtre, ses parents doivent mourir en pays dida. Que cette idée ne soit plus vécue. Elle est fausse », a-t-il déclaré.
S’adressant à la défunte au terme de son homélie, le Père Émile Kélignon a conclu : « Mamitcho, reçois à présent la couronne de justice. Amen ».
Au nom de la famille, un témoignage a rappelé le rôle majeur joué par Mamitcho
auprès de ses enfants et de ses neveux.
S’adressant aux prêtres présents, le représentant de la famille a souligné que leur présence a constitué non seulement un honneur, mais aussi un réconfort pour toute la communauté de Liboli.
« C’est un honneur immense d’être là. Certes, votre présence, vous prêtres, est un réconfort pour le village. La famille vous reste très reconnaissante », a-t-il déclaré.
La famille a également exprimé sa gratitude aux autorités présentes ainsi qu’à toutes les personnes qui lui ont apporté leur soutien dans cette épreuve.
« Restons saints comme maman nous l’a appris », a-t-il conclu.
Au nom de Monseigneur Jean-Jacques Koffi Oi Koffi, archevêque de Gagnoa, le Père Joseph Zéhia, vicaire général, a exprimé la proximité de l’Église avec la famille éprouvée.
« Je vous rassure de ma proximité paternelle. Que, par l’intercession de la Vierge, Dieu vous console », a-t-il déclaré.
La présence de l’autorité diocésaine a ainsi traduit la communion et la solidarité du presbyterium de Gagnoa avec le Père Paul Irokpa et sa famille.
Prenant la parole au nom de sa promotion sacerdotale, le Père Amako Philippe, membre de la même promotion que le Père Paul Irokpa, lui a adressé un message de compassion et de solidarité : « Que le Seigneur te fortifie avec tes frères et sœurs ».
La prière du dernier adieu a été conduite par le Père Benoît Nguessan, prêtre du diocèse de Digne-les-Bains, en France.
À travers cette célébration, Liboli a vécu un moment de foi, de fraternité sacerdotale et de reconnaissance envers une mère dont la vie demeure, pour ses enfants, ses proches et tous ceux qui l’ont connue, un témoignage de fidélité à Dieu, de dévouement à sa famille et d’attachement à la foi chrétienne.
Rémy Montini Dago