Le journal Le Soir a pu se procurer le PV d\'audition de l\'un des deux chauffeurs de Salah Abdeslam, Hamza Attou, soupçonné d\'avoir aidé le terroriste présumé à regagner la Belgique après les attentats de Paris

Le quotidien Le Soir a réussi à obtenir le PV d\'audition de l\'un des deux chauffeurs de Salah Abdeslam, Hamza Attou. Ce dernier, accompagné de Mohamed Amri, est soupçonné d\'avoir prêté main forte au terroriste présumé en venant le chercher à Paris après les attentats, depuis la Belgique.

Sollicités par Salah Abdeslam, les deux hommes acceptent de venir le chercher. Ils atteignent la capitale française aux alentours de 6h du matin. Selon Le Soir, les deux hommes décrivent Salah Abdeslam comme agité, proche de la panique. Hamza Attou précise : \"Il pleurait et criait en racontant ce qui était arrivé. Il nous a dit qu\'il avait commis les attentats de Paris, que lui était la dixième personne à accomplir ces attentats\". \"Je me vengerai, dit-il alors, ils vont payer pour la mort de mon frère\". Le terroriste ajoute encore qu\'il a fait en sorte de laisser la carte d\'identité de son frère (Brahim Abdeslam, ndlr) sur place, afin qu\'il soit connu dans le monde entier \"comme Coulibaly\". Salah Abdeslam menace à plusieurs reprises les deux hommes, toujours selon Hamza Attout : \"Il nous a dit de le ramener à Bruxelles, sinon il ferait exploser la voiture\".

Contrôlés par trois fois

Au cours du trajet,  ils échappent de peu à la police. En effet, la voiture sera contrôlée à trois occasions, malgré l\'insistance de Salah Abdeslam pour que le chauffeur emprunte des petites routes.  Au premier barrage, le policier leur demande \"s\'ils ont consommé\". Sur la banquette arrière, Salah Abdeslam garde le silence tandis qu\'Abrini et Attou répondent par l\'affirmative : les deux hommes viennent de fumer un joint. L\'agent des forces de l\'ordre leur dit alors que \"ce n\'est pas bien\" mais qu\'il ne s\'agissait pas d\'une priorité aujourd\'hui. Il ne leur demande pas leurs papiers qui ne leur seront demandés qu\'au deuxième et troisième contrôle. Sans soucis : à ce moment là, le terroriste présumé n\'est pas encore l\'homme le plus recherché d\'Europe et parvient à passer entre les mailles du filet. Fait étrange, Mohamed Amri, lui, n\'aurait pas livré la même version aux enquêteurs.

\"Tu ne me reverras plus\"

Arrivée dans la capitale belge, Attou et Abdeslam se rendent au marché afin que ce dernier puisse acheter des vêtements neufs. \"Salah me répétait : ne me balance pas\", précise encore Hamza Attou. Ensuite, Salah Abdeslam se procure un téléphone portable et va chez le coiffeur. Les hommes prennent ensuite contact avec un ami d\'enfance des frères Abdeslam, Ali Oulkadi, et se donnent rendz-vous à 6km au nord de Bruxelles, à une station de métro de Laeke. Selon La Dernière Heure, le terroriste présumé est conduit par son ami d\'enfance jusqu\'à Schaerbeek, à quelques kilomètres de là. Il sort ensuite de la voiture, demande à son complice présumé d\'attendre un peu avant de repartir, et lui dit : \"Tu ne me reverras plus\".