Côte d’Ivoire / Ministères de souveraineté : des portefeuilles stratégiques confiés à des hommes de confiance
Le ministère de la Défense d’un pays est généralement confié à une personnalité de confiance du président de la République.
Ce département est en effet sensible et stratégique, dans la mesure où la personnalité en charge de ce ministère assure la défense nationale, la sécurité de la population, y compris celle du chef de l’Etat.
En Afrique, plusieurs chefs d’Etat ont confié le ministère de la Défense à des membres de leur famille.
On peut citer les anciens présidents du Togo et du Gabon.
En Côte d’Ivoire, le père de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët-Boigny, avait nommé, à une période sensible et stratégique de l’histoire du pays, son neveu, feu Jean Konan Banny, au poste de ministre de la Défense.
Le ministère de la Défense, tout comme ceux des Affaires étrangères, de l’Economie, des Finances et du Budget, ainsi que d’autres ministères de souveraineté, sont généralement confiés à des personnalités proches ou dignes de confiance.
Au lendemain des négociations de sortie de crise, lors du partage des postes à l’issue d’une rencontre au Palais de l'Elysée, l’ex-leader de la rébellion ivoirienne, Guillaume Soro, déclarait sur Radio France internationale, « Nous avons obtenu le ministère de la Défense ».
Ces propos avaient provoqué l’indignation des partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo, descendus dans les rues d’Abidjan.
Cela démontre que le ministère de la Défense n’est pas un portefeuille comme les autres.
La gestion de ce département stratégique peut influencer, voire emporter, un régime politique.
Lors de la répartition des postes après la victoire du président Alassane Ouattara, le ministère des Affaires étrangères, bien qu’attribué au Parti démocratique de Côte d'Ivoire de l’ex-président Henri Konan Bédié, a été confié à une personnalité d’expérience et proche du chef de l’Etat, en l’occurrence Daniel Kablan Duncan.
On ne confie pas un ministère stratégique comme celui des Affaires étrangères au premier venu.
Son titulaire doit promouvoir l’image du pays, valoriser la vision du président de la République et défendre les intérêts du régime auprès de la communauté internationale, afin d’attirer des partenaires techniques et financiers.
Aujourd’hui, le débat devrait davantage porter sur les profils, les compétences intellectuelles et les qualités humaines des personnalités appelées à occuper des fonctions ministérielles.
Il serait souhaitable d’élever le niveau du débat public, car les citoyens aspirent à ce que ceux qui dirigent les secteurs dont dépend leur quotidien soient à la hauteur des missions qui leur sont confiées.
Les différents régimes qui se sont succédé à la tête de la Côte d’Ivoire, comme dans plusieurs pays africains, n’ont pas dérogé à cette règle de gouvernance visant à consolider et pérenniser leur pouvoir, assurant du coup la stabilité à leur pays.
Adou Evariste
Analyste politique, journaliste





